exposition Arnold Annen

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La Borne
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Expositions cartes blanches

Nouvelle cuisson, expérimentation, recherches en cours, etc. Le Centre donne carte blanche à des artistes pour de nouvelles voies dans la céramique.

L'entrée des expositions est libre et gratuite.

Programation 2011


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12 février - 29 mars : David Whitehead
vase David Whitehead
David whitehead s’est formé à la céramique en Afrique du Sud et en Ecosse. Il vit et travaille à La Borne depuis 1994. Il mène de front plusieurs recherches : cuissons au bois dans un four de type anagama, tournage de porcelaine et grès cuit au gaz.
Pour cette carte blanche, il livre ses dernières cuissons au gaz : bols et vases aux textures complexes et aux riches coloris.
Vernissage le samedi 12 février à 18h.

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1 avril - 10 mai : Laurent Dufour et Marit Kathriner
Plat Laurent Dufour Paysage Marit Katriner
Jaune, L. Dufour Landscape, M. Kathriner



Le couple qui monte actuellement dans l’univers de la céramique !
Malgré leur jeune âge, ces trentenaires figuraient durant l’automne 2010 au sein de la prestigieuse exposition « Circuit céramique » au musée des Arts décoratifs à Paris.
Marit se distingue depuis plusieurs années par une maîtrise du tournage et le choix de ces coloris intenses. Laurent excelle dans le décor figuratif sur des formes simplement émaillées.

Vernissage le samedi 2 avril à 18h.
Exposition en partenariat avec Ateliers d'Art de France.

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13 mai - 21 juin : Philippe Langlois : "Forbidden"
philippe-langlois-sculpture
No no

Vernissage le samedi 14 mai à 18h.
24 juin- 2 août : Maya Micenmacher-Rousseau
plat-maya-micenmacher plat-maya-micenmacher plat-maya-micenmacher
Plats, cliché P. Vangysel    


Vernissage le samedi 25 juin à 18h.

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Acte de peinture en premier, puis acte d'écriture, l'habileté d'un tracé souple, vif, énergique et vibrant.
Les écrits sont des textes de poèmes qui ne sont pas choisis pour être lus. Au contraire, ils doivent rester une énigme.
Maya garde le sens pour elle, c'est la part de son pays qui transparaît, des textes d'amour toujours positifs, qui témoignent de son esprit de paix.
Elle oppose à la construction rigoureuse de ses pièces, une cuisson au bois très aléatoire ou seule la flamme décide du rendu final ;

Nicole Crestou

Technique :
Grès, engobé, décoré, couverte, cuit au bois à 1300°.

5 août - 13 septembre : Florent Le Men
florent-lemen florent-lemen floren-lemen
Hito Hito et son frère Gode save my money Quand tout s'est inversé


Vernissage le samedi 6 août à 18h.

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Je me suis demandé ce qu’est réellement la poterie car je ne suis pas fasciné par elle.
Au départ, toute chose tombe. Depuis la formation de la Terre jusqu’à l’existence d’un ruisseau, tout a une histoire de gravitation. L’Homme aussi, mais c’est une histoire de bagarre, car il a faim et soif et il a peur que la faim et la soif le reprennent encore. Alors il se met à organiser le désordre, à rassembler l’éparpillé, à conserver ce qui, chaque jour, se cherche. C’est un vice que nous partageons avec le castor, le pélican, l’oiseau aussi, jaloux de ses œufs, et qui consiste à refuser que la gravité s’occupe unilatéralement de la répartition des choses sur terre. La poterie fétichise ce qu’elle contient parce qu’elle vole quelque chose à l’attraction terrestre et alors tout ce qui se conserve devient un bien. Ainsi, l’eau devient précieuse, c’est que nous ne la laissons pas couler. C’est comme ça, ce qui sort du chaos pour se répartir change de nature. Dans un barrage, l’eau devient énergie. Et dans le bol aussi. Voilà comment nous appauvrissons le monde sous le soleil. Faire advenir le précieux, n’est-ce pas appauvrir tout le reste ?
Et pourtant, tenez, il y a là une idée, un dessin, une image, un phantasme. Vous aimeriez le saisir mais cela file entre vos doigts et vous laisse pauvre car vous avez perdu votre mémoire dans ce bol qui contient vos richesses. Vous voyez ces choses qui n’existent que dans les circonvolutions de votre cortex ? Elles sont si bonnes et pourtant si fragiles ! Il y a certes pour elles ce lieu étrange, au dessus, où toute chose se répand comme le lierre et disparaît aussitôt. On l’appelle Internet, avec une majuscule et sans article, comme Dieu. Et, comme lui, ce monde d’idées est un rêve où tout se transforme sans cesse, tout s’évapore aussi pour laisser place à un autre délire, et ça ressemble à la nuit.
Il est aussi un monde en dessous, où les biens se conservent jalousement et se concentrent toujours plus, où ce qui est insignifiant s’accumule avec ferveur et nous savons pourquoi. Quelque chose a bogué dans la deuxième loi de la thermodynamique et le monde s’est séparé entre la nuit qui disperse ses enfants et le jour qui les met en rang.
Je voulais dessiner mais le papier me faisait peur, et on ne comprend pas bien cela. C’est que cette peur n’était pas la mienne mais celle de ma main et des traits qui se bousculent en elle. Mais oui, quel dessin voudrait se retrouver prisonnier d’un support si pauvre. Il vole, il brûle, mais surtout il se perd. Là, dans des cartons ou des tiroirs qu’on n’ouvre jamais. Alors le dessin refuse et nous envoie ce qui s’appelle l’angoisse (le papier est au dessin ce que la masturbation est aux gamètes) et vous croyez que cette peur vous appartient. C’est que les idées se servent de nous et non l’inverse et comme toute chose elles cherchent à se reproduire et à se conserver. Certaines sont ambitieuses et estiment que la télévision ou les panneaux publicitaires sauront mieux que tout autre support leur assurer la plus belle descendance. Se trompent-elles ? D’autres sont parasites et se fixent sur l’objet pour bénéficier de sa publicité. Voilà ce qu’est un décor. Certaines encore sont peut-être un peu idiotes qui germent dans l’esprit d’un potier et se prennent pour des pommes, des fleurs ou le contenu d’une poche. Elles débordent la surface d’un pot pour devenir son contenu. Voilà un support bien confortable. Alors, étrangement, la main n’hésite plus, le dessin n’a plus peur. Car il croit ainsi sortir de la foule des rêves qu’on oublie pour devenir un bien qui se sait à l’abri, aussi longtemps que peut vivre l’objet qui le contient.
Alors c’est un juste retour des choses que cette prétentieuse expression qui aura ambitionné de demeurer dans le monde soit victime du poids de la Loi naturelle qui préside aux destinées de ces choses là, et que désormais, elle fasse l’objet d’une histoire. « Il était une fois », jusqu’au mot fin. La poterie est quand même l’art de choses fragiles, ce qui ne l’empêche pas d’être celui qui nous laissa les plus vieux vestiges. Qu’est ce qui fait qu’un pot reste malgré les ages ou qu’il se brise et s’enterre de lui-même dans le fond d’une cave et se retrouve presque rien, comme la feuille de papier sous un kilomètre de sédiments ? Le jugement et l’intérêt des hommes jouent ici le rôle que jouent les éléments, le hasard et la compétition dans le règne animal, qui, comme une danse burlesque voit les formes de vie s’allumer et s’éteindre, se répandre ou se consumer selon le plus beau des calendrier.
Le monde des objets est surpeuplé, dit-on. Eh bien soit, que ses occupant acceptent de bonne grâce ce jeu  de la vie qui leur prévoie une mort dans le bris et l’oubli, ils n’en auront que plus d’âme ! Et il n’y aura parmi eux plus que ces rares que nous chérissons pour susciter en nous l’envie de les préserver au prix d’un peu de notre énergie, jusqu’au jour où d’autres les remplaceront dans le calendrier de nos cœurs.
Il faudrait faire des objets plus fragiles, malgré ce que nos idées veulent, des objets qui portent en eux la possibilité d’être remplacé par quelque chose qu’on aimera plus encore, car pourquoi sinon la vie aurait inventé la mort ?

16 septembre - 25 octobre : Léonardo innovation EU - CERAMIC

Vernissage le samedi 17 septembre à 18h.

Le Centre céramique contemporaine de La Borne donne cate blanche à 3 écoles européennes :

EMA - CNIFOP (fr)
École d’art et de design de l’université de Wolverhampton (gb)
Ecole d’art de Kohoutov (cze)

C’est un projet d’ingénierie de formation professionnelle qui nécessite la mise en place d’un
consortium constitué d’au moins trois pays européens. Il permet de répondre aux besoins de
formation diagnostiqués dans un secteur d’activité, en adaptant des outils innovants mis en
oeuvre dans un autre pays, un autre secteur ou auprès d’un autre type de public.
Une vingtaine de projets de transfert d’innovation sont sélectionnés en France chaque
année. Ainsi, le projet Léonardo innovation EU-CERAMIC. Eu, porté par l‘EMA-CNIFOP, réunit
l’université de Nancy (Videoscop), l’école d’art et de design de l’université de Wolverhampton
(Angleterre), l’école d’art de Kohoutov (république Tchèque).

Eu-Ceramic durera 2 ans (fin prévue novembre 2011) et s’inscrit dans la démarche d’excellence
et d’innovation que l’EMA-CNIFOP souhaite mettre en oeuvre dans les années futures afin de
donner un maximum de moyens pédagogiques et techniques aux stagiaires qu’il accueille.

Voir le communiqué de presse

28 octobre - 6 décembre : Brigitte Marionneau

sculpture brigitte marionneau sculpture Brigitte Marionneau bol Brigitte Marionneau

Au bord du paysage
clichés P. Vangysel

Au bord du paysage Clavier de terre


Vernissage le samedi 29 octobre à 18h.
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La terre, dialogue avec les éléments 

En 2009, j’ai éclairci mes pièces, choisi une terre blanche, un blanc porcelaine comme engobe et découvert l’étrange polyphonie du blanc.

Un jour de septembre, j’ai ramassé un cube de sel au bord d’un chemin.
Il m’avait de suite interrogé quant à sa blancheur et sa forme sculpturale, érodé par la salive des animaux. De retour à l’atelier, je l’ai essuyé puis gratté pour retrouver tout son éclat.
Cette forme m’a enseigné le jeu des blancs dans la lumière.

Un autre élément a stimulé ma recherche esthétique : une pierre de Chine.
Sa forme dynamique semblait se plier à des lois rigoureuses de composition, sans détail superflu, le juste équilibre entre le plein et le vide, le noir et le blanc.
Je l’ai souvent regardée comme fascinée par son mystère.

De cet ordre du sensible vont naître une série de bols « Clavier de terre » vécue comme des gammes au piano et des œuvres céramiques sculpturales  « Au bord du paysage », « Mask ».
Le proche et le lointain se confondent, le corps se transforme en paysage et le paysage en corps…Instant de vie et d’éveil de la matière.
Le crin de cheval me sert comme un pinceau qui esquisserait au feu l’imagerie marquante et émotionnelle. Sa carbonisation fixe une dynamique gestuelle sur le blanc porcelaine et ouvre la voie à la vibration de la non couleur.

Des jeux subtils de ré oxydation dans le temps de la cuisson procèdent de l’effacement et dévoilent  des perceptions que j’appelle photographiques comme des paysages aériens et vaporeux.

Gaston Bachelard, dans  « l’air et les songes »,  nous parle des évocations poétiques liées à l’élément :
« Nos sentiments, nos ébauches de sentiments, tous les états les plus secrets et les plus profonds de notre être intime ne sont-ils pas de la plus étrange façon enlacés à un paysage, à une saison, à une propriété de l’air, à un souffle ? …
Ce sont là des paysages sans dessin, qui vivent dans une couleur douce et changeante, comme un souvenir. »

B.M.
2011

 

 

 

 

 

 

diaporama brigitte marionneau

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